30.09.2009
Honduras: Le ministre des affaires étrangères n'a pas reçu la lettre de son homologue du Honduras, alors que je l'ai en mains!
Alors que la situation ne fait que s'empirer au Honduras, j'ai été bien surprise par la réponse du Ministre à mes questions!
Ma première remarque tendait à dénoncer le paradoxe de la position de la Belgique par rapport au putsch qui se passe au Honduras.
Je souhaite attirer l'attention du ministre des Affaires étrangères sur le fait que, voici quelques jours, le conseil des droits de l'homme à l'ONU, par la voix de son président, le Belge Alex Van Meeuwen, avait décidé d'interdire l'accès à l'ambassadeur du Honduras, puisque ce diplomate faisait allégeance au nouveau gouvernement de Roberto Micheletti, et étant donné que ce dernier est condamné par la communauté internationale. Le ministre belge des Affaires étrangères a reçu un courrier de son homologue du Honduras signifiant la destitution de l'ambassadeur à Bruxelles, Ramon Custodio, à cause de son appartenance à la bande putschiste. La Belgique ne devrait-elle pas réclamer les lettres de créance à cet ambassadeur? Il est en effet spécifié que celui-ci ne représente plus le gouvernement de droit du Honduras. Comment se fait-il que ceci n'ait pas encore été fait, et que celles-ci soient toujours présentes sur notre territoire?
Voici ce que me répond Olivier Chastel au nom du Ministre Leterme:
M. Ramón Custodio Espinoza a été installé ambassadeur de Honduras à Bruxelles le 25 septembre 2007. Le département des Affaires étrangères n'a pas reçu de notification officielle par la voie diplomatique à propos de la destitution de M. Ramón Custodio Espinoza et, début septembre, une copie officieuse de la lettre de Mme Patricia Rodas Barca, que vous mentionnez dans votre question, a été envoyée indirectement au ministre des Affaires étrangères. Cette lettre datait du 7 juillet 2009 et il apparaît impossible pour le ministre des Affaires étrangères de prendre une mesure radicale, comme l'expulsion d'un ambassadeur accrédité, en se basant sur une copie d'une lettre officieuse. Le ministre Leterme veut néanmoins répéter clairement que de facto il n'y a pas eu de rapports avec l'ambassadeur Ramón Custodio Espinoza après le 28 juin 2009 et, ce, en parfaite conformité avec les accords passés au sein de l'Union européenne.
En "off", j'apprends qu'ils ont reçu cette lettre via la copie jointe que je leur ai envoyée!! INCROYABLE!
Trouvez-vous que ça ressemble à une lettre officieuse? Visiblement, la Ministre des affaires étrangères n'a pas respecté la procédure pour faire savoir à la Belgique et à l'Europe que l'ambassadeur Custodio ne représentait plus le Honduras!

00:11 Publié dans au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : honduras, putsch, zelaya, leterme, chastel
29.09.2009
Liberté de filmer: Elena VARELA
Rencontre un peu surréaliste même si ça n’était pas le but. Au Parlement bruxellois, avec Céline DELFORGE députée bruxelloise et Benoit HELLINGS, nous rencontrons Elena VARELA.

Cinéaste chilienne, elle veut nous rencontrer pour dénoncer la censure et la répression qu’elle subit dans son pays. Et, au Parlement bruxellois, la Présidente du PRB refuse que l’entretien soit filmé par ses cinéastes!!
Elena VARELA est sous le coup d’une accusation parce qu’elle réalisait deux documentaires, un sur la résistance populaire à la dictature dans les années 1980 et l’autre sur la résistance des communautés Mapuche à l’usurpation de leurs terres par les compagnies privées forestières.
Le 07 mai 2008, alors qu’elle achève les dernières prises de vues de ses deux documentaires, Elena VARELA est arrêtée par la police et incarcérée à la prison de Haute Sécurité de Rancagua. Tout son matériel filmographique de travail est confisqué et notamment 300 cassettes vidéo comportant de nombreux entretiens de dirigeants, de prisonniers politiques mapuche et de membres des communautés victimes de la répression.
Que lui reproche-t-on ? Elle aurait, soi-disant, commit des délits et des vols pour financer des activités terroristes. Les preuves seraient des accusations d’un témoin « à visage caché » et rien d’autre.
Elle déclare d’ailleurs : « Maintenant je comprends comment tout ce scénario a été imaginé par la police, il s’agit d’une persécution mise en place depuis quatre ans. Les perquisitions à mon domicile n’ont rien donné. La seule chose que la police peut me dire c’est que j’étais, en 2004, la compagne d’un homme que je connaissais comme journaliste argentin sous le nom de Leonardo Civitarese [inculpé de délits de droit commun] et qui, selon eux s’appelle Juan Moreno, de nationalité chilienne. Tout le reste n’est que montage né de la collusion du secteur privé avec le gouvernement, un jeu de massacre contre la gauche, une toile tissée par l’Agence Nationale d’Intelligence (ANI) autour de moi, pendant plusieurs années, pour récupérer toutes les informations que je collectais pour les documentaires Newen Mapu Che et Sueños del Comandante, sur des résistants Mapuche en conflit avec les compagnies forestières et sur des survivants de la répression sous Pinochet. Finalement, le montage des services secrets, digne de l’époque de Pinochet, a convaincu la police et le procureur qui sont persuadés que nous ne sommes pas cinéastes mais une cellule de guérilla. C’est pour cela que des centaines de policiers ont été déployés pour mon arrestation, certains d’entre eux déguisés en ouvriers ! Mais le but est atteint : tout mon matériel audiovisuel a été saisi ».
On a convenu entre collègues ECOLO de questionner le ministre des affaires étrangères et de faire un peu de bruit autour du cas d’Elena VARELA. Mon collègue, Benoit HELLINGS se rendra à l’Assemblé générale de l’UNESCO et portera également le message auprès de ses homologues.
22:53 Publié dans au-delà des frontières, côté coeur/côté jardin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : censure, film, varela, chili, mapuches
17.07.2009
NATALIA ESTEMIROVA assasinée: un truc qui m'écoeure
Une amie de Anna Politkovskaïa vient d'être assassinée. Son corps a été retrouvé dans une forêt en Ingouchie. Une balle dans la tête, une balle dans la poitrine. A la lecture de la presse et des différentes infos reçues, elle aurait été enlevée à Grozny et a été assassinée ce 15 juillet.
Une de plus! Une défenseuse des droits de l'homme en Tchétchénie. Pays maudit! J'adorais Anna Politkovskaïa depuis que j'avais lu "Tchétchénie, le déshonneur russe" il y a 6 ans de ça déjà. Cette femme avait un courage incroyable, des tripes et des convictions qui lui faisait dormir dans la boue pendant des mois sans se laver, qui la poussait à mettre sa vie en danger sans arrêt au point de l'avoir perdue. Assassinée dans l'ascenseur en rentrant chez elle. Anna Politkovskaïa était une petite femme tout frêle mais avec une rage incroyable. Elle a défié des miliciens armés jusqu'au dents pour révéler au grand jour les exactions commises en Tchétchénie par la Russie.

Et je lis ceci dans un communiqué de la Revue Nouvelle, FIDH et ESF et relayé par Action Birmanie notamment:
"Notre colère déborde : ces dernières années, la liste des journalistes et défenseurs des droits de l'Homme assassinés en Russie ne fait que s’allonger. Parmi eux, la journaliste Anna Politkovskaïa en octobre 2006, l’avocat Stanislav Markelov et la journaliste Anastassia Babourova en janvier 2009. A chaque fois, notre indignation est totale, et la crainte que le climat d’impunité ne favorise ou rende possible d’autres assassinats ou disparitions est plus vive que jamais. A chaque fois, hélas, nos craintes sont confirmées."
Je partage cette colère. Quand je pense à cela, j'en ai mal au ventre. Car cette impunité donne à la Russie un sentiment de toute puissance et l'encourage à poursuivre sa politique de nettoyage "jusque dans les chiottes" comme avait dit Poutine.
17:10 Publié dans au-delà des frontières | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : russie, tchétchénie, ecolo, droits de l'homme
20.06.2009
20 juin, journée internationale des réfugiés : Pour une reconnaissance internationale des réfugiés climatiques
Les changements climatiques provoquent de plus en plus de catastrophes touchant un nombre toujours plus grand de personnes. Les déplacements de populations suite à ces événements posent la question de l’émergence d’un nouveau type de réfugiés, les « réfugiés climatiques ». Une étude des Nations-Unies prévoit que 50 millions de personnes pourraient d’ici 2010 être victimes des dégradations naturelles ou humaines de leur environnement (pollution des nappes, désertification,…), les poussant à fuir leur lieu d’habitation.
En ce 20 juin, journée mondiale des réfugiés, il nous à sembler important d’attirer l’attention sur la nécessité de reconnaître cette nouvelle forme de migration.

Réfugiés climatique, réfugiés environnementaux ou encore écologiques sont les appellations les plus fréquentes pour définir des populations forcées à l’exil pour des raisons liées à la détérioration de leur environnement au sens large.
Les conclusions du GIEC établissent notamment que la progression de la sécheresse, l’augmentation de l’intensité de l’activité cyclonique et l’incidence accrue des épisodes d’élévation du niveau de la mer sont des causes potentielles de migration et de déplacements de population.
La montée du niveau des océans recouvrant les micros états du Pacifique, la disparition du Lac Tchad et les conflits en découlant pour l’accès à l’eau ou encore les inondations des plaines du delta du Bengale ne tarderont pas à jeter sur les routes de l’exil de très nombreuses personnes.
A l’heure actuelle, la législation internationale ne permet pas aux personnes victimes des modifications climatiques et ne pouvant plus survivre dans leurs pays d’origine, d’aller s’installer légalement dans un autre pays.
La reconnaissance des réfugiés climatiques est donc indispensable, d’une part pour l’aide d’urgence en cas de catastrophes naturelles, et, d’autre part, pour l’accueil de ces personnes par un pays tiers. C’est pourquoi les réfugiés climatiques, au même titre que les réfugiés au sens de la Convention de Genève (pour motif politique, mais aussi ethnique, religieuse, etc.), doivent se voir reconnaître un statut juridique propre.
Les stratégies d’adaptation au changement climatique ne sont à l’heure actuelle ni suffisamment encouragées, ni suffisantes à terme. Elles ne pourront éviter des déplacements de population importants. Face à l’urgence de la situation, le groupe Ecolo-Groen! insiste sur le besoin de reconnaître les réfugiés climatiques autant que sur l’importance de mettre en place des politiques d’adaptation et de lutte contre le réchauffement planétaire.
Et, afin que les solutions puissent être mise en œuvre et être concertées au niveau international, Ecolo souhaite que l’ONU nomme un Représentant spécial chargé de la question des réfugiés climatiques à l’instar de ce que décida Boutros-Ghali en 1992 alors secrétaire général des nations-Unies en nommant Francis Deng sur la question des personnes déplacées et pour définir des « Guiding principles » acceptés par une large majorité des pays. Celui-ci se chargera de recueillir l’ensemble des informations pertinentes que la question, d’en faire rapport aux différentes instances des Nations-Unies et d’énoncer des recommandations et des lignes directrices en vue de prendre les décisions qui s’imposent.
Juliette Boulet, députée fédérale ECOLO
Lionel Wanet.
Photo (cc) : Ammar Abd Rabbo
00:45 Publié dans au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, réfugiés climatiques, giec
14.05.2009
Aung San Suu Kyi : une action belge et internationale s’impose de toute urgence
Alors que plusieurs communications ont fait part du l’état de santé préoccupant d’Aung San Suu Kyi, la junte a décidé aujourd’hui d’inculper ce Prix Nobel pour violation de son assignation à résidence.
Aung San Suu Kyi pourrait écoper d’une peine d’emprisonnement de 5 années. A quelques jours de son hypothétique libération (l'ordre d'assignation à résidence de la lauréate du prix Nobel de la paix, âgée de 63 ans, expirait théoriquement le 27 mai), la junte achève de démontrer combien son seul objectif était de maintenir la chef de file de la NLD sous son contrôle.
A l’instar de la France, de l’Angleterre et d’autre pays, la Belgique se doit de condamner cette grave violation des droits d’Aung San Suu Kyi par la junte birmane. Etant donné son état de santé mais surtout les enjeux des élections de 2010, Ecolo estime en outre urgent que l’Union européenne et la Communauté internationale durcissent le ton.
L’Union européenne doit exiger de la junte militaire au pouvoir en Birmanie la libération immédiate et inconditionnelle d’Aung San Suu Kyi et de ses deux employées de maison.
L’ONU doit revendiquer l’application immédiate et inconditionnelle des conclusions de mars 2009 du « groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires » ainsi que la libération d’Aung San Suu Kyi et les 2100 prisonniers politiques croupissant derrière les barreaux depuis la révolution safran de 2007.
Ecolo sera présent à la manifestation qui se déroulera ce samedi à l’appel d’Action Birmanie et Amnesty international. La députée Juliette Boulet a déposé deux questions orales en commissions des affaires extérieures sur l’état de santé d’Aung San Suu Kiy ainsi que sur les mesures à prendre sur l’arrestation illégale de la dame de Rangoon.
Juliette Boulet Isabelle Durant
20:22 Publié dans au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : birmanie, aung san suu kyi
24.03.2009
Pétition, pour la libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie. Je l'ai signée et vous?
Pétition relayée par 166 organisations à travers le monde !
Libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie. 
Agissons maintenant !
Près de 200.000 personnes l’ont déjà signée !
Objectif : 888.888 signatures à l’attention de Mr Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU.
« Tant que l’ensemble de nos prisonniers politiques ne sont pas libres, aucun de nous ne peut clamer que la Birmanie est réellement sur la voie de la Démocratie » déclare Aung San Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la Paix en 1991 et maintenue en résidence surveillée durant treize des dix-neuf dernières années.
Le gouvernement militaire doit procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi, Khun Tun Oo et Min Ko Naing. La libération de tous les prisonniers politiques est une pré-condition fondamentale et l’étape la plus importante pour la liberté et la démocratie en Birmanie.
Signez, vous aussi! Merci!!!!
01:25 Publié dans au-delà des frontières | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, ecolo, birmanie, prisonniers, politique
09.03.2009
Tibet, 50ans de soulèvement du peuple tibétain

Demain je serai aux côtés des ONG, associations, politiques et citoyens pour une commémoration, à Bruxelles des 50ans du soulèvement des tibétains contre l'oppression chinoise. Soulèvement qui fut réprimé dans un bain de sang. Plus de 80 000 Tibétains perdirent la vie et autant prirent la fuite et notamment le Dalaï Lama et son gouvernement qui prirent leurs quartiers à Dharamsala, petite ville située au nord de l’Inde.
Cette année, et en prévision de cette commémoration, la Chine a décidé de fermer le Tibet aux touristes étrangers avant le 10 mars et ce, jusqu’au 1er avril. La sécurité a été renforcée dans la "Région autonome du Tibet" et dans les provinces limitrophes à population tibétaine.
Pékin redoute, en effet, cette célébration. Le Dalaï Lama, pour sa part, voit dans cette décision la confirmation de ses craintes de voir s’abattre une nouvelle vague de répression sanglante sur la population tibétaine dans les jours à venir. Dans une déclaration publiée à l’occasion du Nouvel an Tibétain (le Losar), il invite ses compatriotes à ne céder à aucune provocation et à faire preuve de patience.
Pékin a aussi mit en place des campagnes d’intimidation et de contrôle des tibétains (« Strike Hard Campaign » et « Patriotic Education Campaign »), avec interdiction d’accéder au Tibet pour tous les étrangers y compris les journalistes et diplomates ou la poursuite de la répression contre les Tibétains.
moi, je voudrais qu'on puisse utiliser notre voix et notre démocratie pour inviter la Chine à reprendre le dialogue avec le Tibet, de considérer le Mémorandum pour une véritable autonomie comme une base pour des négociations et ce dans le respect de la Constitution chinoise et de l’intégrité territoriale de la République Populaire de Chine. il faudrait, pour ce faire que la Belgique et l'Union européenne se prononce aussi en faveur de ce document important.
enfin, je crois aussi à la force de l'Europe politique et j'espère qu'elle pourra se prononcer, lors des prochains conseil des ministres européens des affaires étrangères, d'une et une seule voix pour une nouvelle évaluation de la nomination d'un représentant spécial européen pour les questions tibétaines chargé d’assurer une plus grande coordination des politiques nationales des 27 Etats membres sur le dossier tibétain et de plaider pour inviter le Dalaï Lama à présenter la situation au Tibet, et son concept d’autonomie lors d’une prochaine réunion du Conseil Affaires Etrangères (CAG).
J'ai déposé ces dernières semaines quelques questions au ministre et en ai encore redéposé une sur ces demandes précises. J'ai également rédigé une résolution que je soumettrai à mes collègues quand la traduction sera terminée et qu'elle aura été prise en considération lors de la prochaine séance plénière.
Voilà, j'ai dit!:-)
17:53 Publié dans Agenda, au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, tibet, ecolo, dalaï lama, autonomie
08.02.2009
Arrestation de Nkunda, et après?
L’arrestation de Nkunda me laisse quelque peu indécise.
J’étais en Thaïlande, dans une mission à la frontière birmane quand on m’a informé de la nouvelle. Laurent Nkunda arrêté, dans une opération conjointe Congo-Rwanda. Il serait détenu dans une « prison secrète » ou en résidence surveillée quelque part au Rwanda, probablement à Gisenyi, localité située au Rwanda mais à la frontière avec l'est de la RDC.Il devrait normalement être transféré au Congo pour y être jugé mais, aux dires de certains, les autorités congolaises freineraient quelque peu le transfert par crainte que les instances judiciaires congolaises ne soient pas en mesure de le juger comme il se doit.
J’ai été très surprise par cette opération conjointe du Congo et du Rwanda. Personnellement, j’y ai vu tout de suite une opération de séduction du Rwanda qui désire redorer son image aux yeux de l’opinion internationale. Il faut dire que quelques mois plus tôt, est sorti un rapport des Nations-Unies qui l’accable totalement, prouvant ses liens avec le CNDP de Laurent Nkunda. Dans ce rapport, je l’ai sous les yeux, on peut y lire :
« Le Groupe d’experts (des Nations-Unies, ndlr) a enquêté sur des allégations selon lesquelles le Gouvernement rwandais appuierait le CNDP. Il a trouvé des preuves indiquant que les autorités rwandaises avaient été complices du recrutement de soldats, notamment d’enfants, avaient facilité la fourniture de matériel militaire et avaient envoyé des officiers et des unités des Forces de défense rwandaises (RDF) en République démocratique du Congo pour appuyer le CNDP. » Le rapport compte 65 pages.
Je pense aussi que les autorités congolaises étaient dépassées par les évènements à l’Est et se sentaient incapables de gérer cela seule. Il faut dire que la communauté internationale a été également très décevante sur le coup. Personne n’était prêt à envoyer des renforts dans cet enfer qui se tramait à l’Est. Oui, mais alors quoi ? Que va-t-il se passer après ? Il me reste plein de questions en suspend. Je vais à nouveau réinterroger le Ministre belge des affaires étrangères, même si je sais qu’il marche sur des œufs. En effet, avec la normalisation récente des relations Belgo-congolaises, il mesure probablement chacune de ses paroles afin de ne pas mettre d’huile sur le feu.Mais quand même, je crois que tout se joue maintenant. Quid des troupes rwandaises au Nord-Kivu ? Quid du « nettoyage »-puisque c’est en ces termes qu’ils parlent- du territoire des hutus rwandais souvent intégré à la population et mariés à des hutus congolaises ? Va-t-on vraiment mener une opération militaire de ce genre ? Sans causer de nouvelles victimes innocentes ? Que deviennent les accords de Goma, Nairobi, le programme Amani ?
Et quid aussi de Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator », qui a décidé de rallier Kinshasa et d’intégrer l’armée congolaise ? Il y a un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre lui, on n’en fait rien ?Et il y aurait encore beaucoup d’autres questions à poser, sur le pillage des ressources naturelles des Kivus, sur le drame humanitaire que vit la population de l’Est du Congo depuis trop longtemps, sur les viols utilisés comme tactique de guerre contre les femmes et les enfants, espoir déchu d’une renaissance et d’un futur pour cette partie du monde laissée à l’abandon.
Je suis parfois tellement désolée de voir que l’instauration d’une paix durable à l’Est du Congo ne fait pas partie de l’agenda de la Communauté internationale.
A Bukavu, en février 2008.
12:28 Publié dans au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, ecolo, congo, rdc, est, kivu, bukavu
07.02.2009
Une guerre sale et injuste
Plus de trois semaines déjà que l’armée israélienne a lancé son raid honteux et disproportionné dans la bande de Gaza. Plus de mille morts dont plus du tiers sont des femmes et des enfants. Des infrastructures civiles, souvent financées par la communauté internationale, réduites à néant pour la Xème fois. Ce qui se trame à Gaza est une honte sans nom.Depuis quelques jours, la Belgique accueille des enfants gravement blessés et que l’ont a pu extraire de cette prison à ciel ouvert.
L’opération B-Fast permet, en effet, de soigner des blessés graves dans les hôpitaux belges. Si panser les plaies et prendre ces enfants en charge est plus que nécessaire, je ne peux me résoudre à la frilosité de la condamnation par la communauté internationale du non-respect du droit international et humanitaire par Israël. Le droit international qui implique notamment le respect des conventions sur l’utilisation des armes. Car les enfants que nous soignons sont peut-être les victimes de munitions qui sont passées par chez nous, par l’aéroport de Bierset précisément.
Cet aéroport est devenu le véritable carrefour commercial des armes de et en direction d’Israël. Or, via le Code de conduite en matière d’exportation d’armements et l’octroi des licences pour ces armes, nous avons un outil important et avec lequel nous pourrions interdire l’envoi de ces armes qui sont utilisées pour tuer à Gaza. Les plus cyniques vous diront que ces armes sont de la plus haute technologie et issues du génie militaire américain Boeing qui est le premier exportateur d’armes vers Israël ou qu’elles sont même « made in Belgium » car nous sommes la 4ème exportateur européen vers Israël. Quelle fierté ! Ces armes sont censées réduire les « dommages collatéraux », entendez, les pertes civiles.
Mais en réalité, elles sont plus destructrices que jamais. Les bombes à l’uranium appauvri et au phosphate déchiquètent les corps lors de l’explosion et causent des dommages à l’homme et à l’environnement pour des milliards d’années. Les bombes à sous-munitions, interdites par le traité d’Oslo signé il y a un mois par 190 pays en ce compris par Israël, tuent et tueront encore des enfants qui pensent que ces petites bombes de couleurs sont des jouets, larguées par des avions ; cadeaux du ciel !

S’il n’y a pas de guerres juste ou acceptable, si le dialogue est la seule voie vers l’instauration d’une paix durable, celle-ci, en plus d’être inacceptable est sale et creuse encore plus la tombe de la possibilité d’une coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens.
16:44 Publié dans au-delà des frontières | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, ecolo, israël, palestine, gaza
16.11.2008
Vidéo sur les réfugiés climatiques
Une vidéo sur les réfugiés climatiques. Avec notre compatriote François Gemenne. En 20 minutes, vous aurez compris beaucoup des enjeux qui touchent aux réfugiés climtaiques. Si vous voulez écouter directement le sujet, avancez jusqu'à la 16'51"
19:38 Publié dans au-delà des frontières, Mon travail à la Chambre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : juliette, juliette boulet, réfugiés climatiques, giec, climat, environnement



