24.10.2008
Pour une reconnaissance transnationale du statut de réfugié climatique
Voilà enfin, un travail qui commence à voir le jour. Depuis près d'une année et demi, je me passionne pour le sujet. J'ai lu des bouquins, des articles, consultés des gens et participé à des réunions, séminaires. De plus en plus de gens s'intéressent à la problématique et par là, j'en profite pour les remercier de leur collaboration proche ou lointaine à la rédaction de cette résolution. Ce n'est que le début d'un long travail qui, j'en suis sûre sera toujours aussi passionnant!
Le groupe Ecolo-Groen ! a déposé à la chambre une résolution pour la reconnaissance du statut de « Réfugié climatique ».
Au-delà de la demande de la reconnaissance du statut et de l’appellation de « réfugié climatique », Ecolo demande aussi que le Parlement puisse se saisir de ce débat et d’y associer les instances de l’asile en Belgique. A l’instar des travaux menés par les Verts au Parlement européen sur la question, les écologistes belges retroussent leurs manches pour aborder cette problématique à la fois globale et locale.
Si la Belgique, comme telle, n’est pas touchée par les phénomènes des migrations dues aux bouleversements climatiques, il y a fort à parier que l’Europe dans son ensemble sera confrontée à des mouvements de populations en provenance des territoires les plus touchés.
La première conférence des Nations-Unies sur les migrations liées à l'environnement, qui s'est achevée à Bonn, ce samedi 11 octobre, a d’ailleurs mis en évidence l’urgence de mettre en place une réponse structurelle au problème des réfugiés climatiques. La Belgique, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour encore deux mois, dispose d’un levier pour ce faire, tandis que l’Union européenne doit elle aussi impulser des politiques en la matière. La reconnaissance des réfugiés climatiques est indispensable, non seulement pour l’aide d’urgence en cas de catastrophes naturelles, mais aussi pour l’accueil de ces personnes par un pays tiers. C’est pourquoi les réfugiés climatiques, au même titre que les réfugiés au sens de la Convention de Genève (pour motif politique, mais aussi ethnique, religieuse, etc.), doivent se voir reconnaître un statut juridique propre.
Les impacts du changement climatique sur les sociétés humaines se font déjà sentir dans de nombreux endroits comme le Sahel fortement touché par le phénomène de désertification, le Bangladesh sujet à des inondations répétées, certaines régions européennes mais aussi dans plusieurs îles du Pacifique, vouées à disparaître sous les eaux, entraînant la disparition future d’Etats-Nations.

Sophie Ramis AFP/infographie
De telles situations s’observeront de plus en plus aux quatre coins de la planète, du Tsunami à l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans en passant, plus récemment par la Chine ou la Birmanie. Selon les estimations des experts, le nombre de personnes déplacées en 2050 suite au changement climatique varie de 150 et 200 millions.
Les stratégies d’adaptation au changement climatique ne sont à l’heure actuelle ni suffisamment encouragées, ni suffisantes à terme. Elles ne pourront éviter des déplacements de population importants.
Face à l’urgence de la situation, le groupe Ecolo-Groen! insiste sur le besoin de reconnaître les réfugiés climatiques autant que sur l’importance de mettre en place des politiques d’adaptation et de lutte contre le réchauffement planétaire.
13:03 Publié dans au-delà des frontières | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette boulet, juliette, ecolo, parlement, réfugiés, climat



Ecrire un commentaire